"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)

Invisible ne veut pas dire inexistant

Invisible ne veut pas dire inexistant
Invisible ne veut pas dire inexistant
Invisible ne veut pas dire inexistant

J’ai longtemps fait en sorte de rentrer absolument dans le moule,
de ressembler à tout le monde.
J’observais les autres, et je me sentais en décalage.
Je jouais un rôle,
j’essayais de faire comme eux, mais bien mal.

Pour essayer de m’intégrer,
j’avais comme un masque social sur mon visage,
à chaque fois que je sortais de chez moi.
Pour ne pas dépareiller.
En permanence, j’essayais de rattraper les wagons,
et de tenter de comprendre comment les gens interagissaient et communiquaient.
Je compensais mes difficultés en essayant d’imiter les autres.
Mais partout j'échouais.
J’ai gardé des traces de cette tendance à imiter pour m’intégrer,
à me rendre lisse, à n'avoir aucune aspérité,
pour passer absolument les épreuves d’intégration.
Combien de fois est-ce que l'on m’a dit que j’étais tellement gentille,
que ce qui était super avec moi c'est que je souriais tout le temps ?
Avec moi pas de conflit, toujours d'accord 
avec tout le monde

et avec personne.
Je suis allée très loin dans cette fausse personnalité,
à ne plus du tout, savoir qui j’étais vraiment,
ce que je ressentais vraiment ce que j’aimais vraiment
.
J'ai gardé ces automatismes très fortement ancré en moi.
Tricher tout le temps, c’est épuisant.
Je commence à peine aujourd’hui à être un peu plus authentique,
mais j’ai encore beaucoup de travail.
J’analyse tout tout le temps,
tout le monde,
tout ce qui se passe,
les mots,
les silences,
 les regards,
les soupirs…
J’étais éternellement en résistance contre moi-même,
donc j’étais épuisée tout le temps .

Je ne suis pas une personne déficiente, je suis juste une personne différente.
J’ai arrêté de vouloir plaire à tout le monde.
J’ai d’abord essayé de me plaire à moi-même.
J’avais tout perdu à essayer d’être quelqu’un d’autre,
alors j’avais tout à gagner à être moi-même.
Je me suis réconciliée avec mes particularités, et ce tout qui fait que je suis une personne unique.
Non seulement on s’est mis à m’accepter comme j’étais, mais en plus j’avais des opportunités qui s’offraient à moi.
Mon corps prend beaucoup de place alors me faire toute petite a été la solution que j'ai rapidement trouvée.
En moi, ça a toujours été très riche et à l’extérieur avec les autres, les interactions ont toujours très compliquées.
À l’extérieur c’est facile c’est riche mais à l’intérieur c’est très compliqué.
Je ne sais jamais quelle tête faire, quel mouvement à adopter, comment positionner mes mains.
Je fais attention à tout.
Sourire ça marche à tous les coups.

Non ça marche pas à tous les coups,
parce que quand on est mal qu’on se sent mal,
on ne nous croit pas.
Je les ai mal habitués.

Et la plupart du temps personne ne soupçonne ce qui se passe derrière mon masque. Quand je vais au plus mal, je continue de sourire alors que je suis à deux doigts d’exploser donc je ne suis pas crédible.
Je ne suis pas entendue parce que ce n’est pas crédible, lisible.

Pourtant invisible ne veut pas dire inexistant.

∙∙∙∙∙·▫▫ᵒᴼᵒ▫ₒₒ▫ᵒᴼᵒ▫ₒₒ▫ᵒᴼᵒᵒᴼᵒ▫ₒₒ▫ᵒᴼᵒ▫ₒₒ▫ᵒᴼᵒ▫▫·∙∙∙∙∙

Retour à l'accueil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Âme Anonyme

"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi." Anne Franck (1929-1945)
Voir le profil de Âme Anonyme sur le portail Overblog