"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)
12 Juillet 2024
Sensation d'inachevé.
Appuyer sur le bouton "replay" ?
Je me repasse les multitudes de conversations dans ma tête.
Analysant ses mots. Les miens.
Changeant certaines répliques,
ou me reprochant de ne pas avoir répondu telle ou telle phrase.
Disséquer chaque mot.
Examiner chaque mouvement de nos interactions passées dans un cycle d’analyse et de réflexion infernal.
Un replay excessif qui peut être vite néfaste.
Mais comment expliquer cette habitude ?
Conclure la discussion comme je voudrais.
Pour conclure l'interaction, solutionner la discussion inachevée, fermer l'échange à ma façon, je rejoue ces discussions encore et encore.
Des conversations qui me laissent un sentiment de désarroi ou d'irrésolution, que je rejoue instinctivement, en en examinant méticuleusement chaque mot, ton et geste dans une tentative désespérée de découvrir des significations cachées qui pourraient me permettre de trouver la solution que je cherche
Une habitude de prime abord saine, mais qui m'enferme pourtant dans des schémas des plus toxiques : ma recherche incessante de réponses peut me conduire sur des chemins de spéculation et de conjecture, déconnectés de la réalité de la situation.
L'analyse et la réflexion excessives ne font qu'amplifier mes incertitudes et ma détresse, et m'enferme à coup sûr dans un cercle infernal de rumination.
Peur du rejet.
Deuxième raison qui me pousse à appuyer sur le bouton retour en arrière.
Le regard des autres.
En quête d'approbation.
Je m'inquiète des malentendus, des jugements négatifs.
Peur de la désapprobation.
Elle peut susciter chez moi une vigilance accrue,
qui m'amène à scruter les interactions à la recherche de tout signe de critique ou de mécontentement.
Ma quête d'amélioration me contraint aussi à rejouer les discussions.
Un fort besoin de contrôle, comme si le fait de les analyser pouvait en changer l'issue. Une illusion qui me permet d'atténuer mon sentiment d'incertitude, en particulier dans les situations imprévisibles.
Plus je m'attarde sur ces conversations, plus je suis convaincue que les comprendre me permettra de les maîtriser.
Un sentiment positif qui peut rapidement laisser place à l'anxiété, au stress, aux ruminations.
J'aimerais pouvoir changer ce qui s'est passé, mais la vraie liberté vient de l'acceptation du fait que je ne peux tout contrôler.
En comprenant pourquoi je fonctionne ainsi, je me libère déjà un peu de cette habitude de replay conversationnel.
Ressasser des conversations est une porte d'entrée qui m'amène à trop réfléchir, qui m'amène dans le chaos, et qui nuit à mes relations à long terme.
En reconnaissant mes motivations sous-jacentes à cette tendance, je me libère déjà de la rumination répétitive et je m'autorise à vivre le présent avec confiance.
Le présent.
En confiance.
"Later in the evening, you lie awake in bed
With the echoes of the amplifiers ringing in your head
You smoke the day's last cigarette, remembering what she said
What she said"
"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi."
Anne Franck (1929-1945)
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