"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)

"La noblesse de la frousse avouée"

[FRO]

Frotter
Aphrodisiaque
Fromage
Frauduleuse
Frotta
Aphrodite
Frôler
Frottement
Frôlement
Froment
Froid

 

A chaque frôlement de leur peau, elle se frottait au danger, et le soir, s’en retournant chez elle frauduleuse dans le froid, elle n’en faisait pourtant pas tout un fromage. Cet aphrodisiaque qui tout en dedans d’elle agissait, c’était sa manne quotidienne dont elle ne voulait se défaire.
Se frôler à eux encore et encore, et à chaque frottement, de nouvelles sensations, légères ou graves. Elle ce n’était pas Aphrodite, pas affreuse non plus, mais en son cœur laid se frotta trop l’horreur, qu’elle avait besoin d’éteindre ou de rendre encore plus violente.
Et les matins reprendraient, entre son café et ses petits bains briochés au froment.
Et au fond d’elle, assurément, l’écœurement.
 
 
****

A Toi, mon Intranquillité,

 

Depuis 35 ans Tu me pourris la vie.

 

A chaque seconde, je tombe amoureuse de la terre entière.

Un jour je me montre et fière presque je vais, je danse, puis je cours me terrer, à nouveau.

 

Un jour légère je brûle d’Amour, tout est excitation, tout m’anime sans raison. En cela Tu es mon poison, il ne Te faut pas de raison pour avoir raison sur moi. Tu prends tout ce que tu trouves sur mon passage.

Et aussitôt l'ivresse passée déjà bien amère, j’hurle à la mort, puis, lourde, je rampe et ne quitte plus mon lit et mon obscurité.

 

Un jour je suis ivre de vie, ivre de corps, ivre d’encore, d’abus à la chaîne.
Et toujours je déborde, je bouillonne. Et à corps, à cris perdus, je paie sans cesse le prix de mes excès de sincérité. Mais je lui préfère le silence, il me garantit que protégée de Toi au moins je ne ferai plus de vague. Mais sans les vagues plus de vertige, la vie me quitte. Je suis vide. A quoi servent mes folies si Tu n’es plus là pour me pousser à les vivre ?

 

A cause de Toi, j’ai tant fait fuir, tant ont pris peur. Tant n'ont pas compris.

 

Je T’aime, je T’adore, d'ailleurs sans Toi je meurs, je ne suis plus rien.
Tu me tues, achèves-moi.

 

Loin de Toi je ne ressens plus rien, tandis qu’aux creux de Toi je ne sais plus rien de moi, mais je suis pourtant si sûre de moi, si sûre de tout, sûre de mes choix et de mes envies, et je me permets tout, et je leur permets tout sur moi.

Et je me perds, je me trahie, je m’adonne, je m’épuise, j’aime à n’en plus pouvoir et finis bonne à ramasser à la petite cuillère ou à envoyer chez les fous que j’envie alors tellement de ne plus avoir conscience de rien ou en tout cas d’ignorer cette torture mentale permanente.

 

Je me connais par cœur, je Te connais par cœur, Tu as toujours été là, et pourtant je m’en veux encore si souvent, surtout quand je crois Te dompter alors qu’encore Tu viens me surprendre avec ce goût toujours inédit qui me fait basculer encore plus loin.

 

Non c’est moi que Tu contrôles.

Je suis ton pantin de bois entre Tes mains,

que Tu animes quand l’envie Te prend, et immédiatement l’envie me prend.

Non Tu n’en as pas fini avec moi, je vais encore déguster, mordre la poussière.

 

Intranquillité, maudite sois-Tu.

 

Pitié, ne m’abandonne jamais, et si Tu me quittes, je Te tue, je le jure, car personne d’autre que moi n’a le droit de connaître cette souffrance là que tu me causes et à laquelle depuis toujours je consens, car depuis 35 ans, tu donnes à ma vie une saveur à nulle autre pareille.

****

(Brigitte Fontaine... Femme de l'Être...)
(Brigitte Fontaine... Femme de l'Être...)

(Brigitte Fontaine... Femme de l'Être...)

Retour à l'accueil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Âme Anonyme

"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi." Anne Franck (1929-1945)
Voir le profil de Âme Anonyme sur le portail Overblog