"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)
15 Octobre 2018
« La passion qui est en nous interdit beaucoup de choses »
La passion aura-t-elle raison d’elle ou devra-t-elle résister et se fixer des interdits ?
Déjà elle y pense, le geste n’est-il pas alors déjà provoqué ?
Pourquoi devrait-elle résister et se priver de sentiments aussi puissants ?
Il a la main mise sur son cœur, elle n’est plus qu’un corps qui s’agite, il ne lui restera plus que ses yeux pour pleurer et elle s’en retournera chez elle à pieds et les bras ballants, le sourire usé, le cœur contrarié. Ses sourires à lui la font partir vers des terres traversées par aucun interdit, tout lui dit « vas-y, fonce ! ».
Un baiser légal ne vaudra jamais un baiser volé, pas vrai? Alors vole.
Aujourd’hui embrasse tes envies, l’interdit c’est pour demain.
Une partition qui se joue à quatre mains, et battent les cœurs, bat la chamade, bat la mesure. Elle l’aime son beau Requiem. Ce bel ultimatum, son corps se fait chewing-gum.
Passion et raison ne font pas bon ménage, surtout pour un ménage à trois, surtout quand l’un des trois est le Diable. Beau Diable, qui ne s’habille d’aucun interdit. Il ne s’encombre pas avec ces détails-là. Il consent à tous les excès, viole les lois, franchit les limites et les âges, du moment que le fruit est mûr, tout vient à point.
Elle est mûre pour les terres abandonnées, elle qui a toujours figuré aux abonnés absents : ce soir à l’encrage pour ce nouveau rivage, pas d’interdit, les sages ne seront pas récompensés.
Un zeste de curiosité, un soupçon de d’audace, de l’ingéniosité pour autant de laisser-aller, de la passion à foison. Exceller dans l’excès, jamais tort de trop aimer, aucun interdit à trop étreindre, seul interdit : ne rien feindre.
Elle s’est brûlée mainte fois au feu de la passion mais elle a tant aimé la danse des flammes en elle qu’elle en redemande.
Pourquoi se protégerait-elle de ce qui la ranime ? Il est beau, il la hante, il est son rêve, elle est vivante de lui, elle se fait toute entière passion, il lui procure l’allant de vivre ; se l’interdire, c’est se priver de lui, de le ressentir, c'est s’interdire de vivre.
Elle est comme tout le monde mais plus que tout le monde.
Elle aime comme tout le monde, mais plus que tout le monde.
Elle aime dans l’absolu, elle aime elle désire au-delà de tout, à son corps défendant.
C’est lui ou si c’est interdit elle ne vivra plus.
A vivre en apnée, elle ne sait rien se refuser. Consciente des interdits, le feu l’attise un peu mieux, il est dangereux.
A quoi se mure-t-elle ?
A quoi se frotte-t-elle ?
A elle-même.
De qui se moque-t-on ?
A agir ainsi avec déraison... qu’importe : son corps au diapason.
(*) [Cécile Fée, Les maximes et pensées, 1832]
"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi."
Anne Franck (1929-1945)
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