"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)
12 Octobre 2022
Ma croissance personnelle m'a rendue captive des mauvaises personnes.
En étant persuadée que cet état de captivité me rendrait service quelque part, qu'il aurait un vrai sens.
D'abord je lui donnais du sens en prônant haut et fort à qui voulait bien m'entendre que j'étais une personne intense, que je ne vivais que d'intensité, que c'était ainsi et pas autrement, et que l'intensité que je réussis à mettre ici et là allait finir par payer. Qu'autant d'intensité ferait sens, un jour.
Forcément. Il le fallait forcément.
Sinon à quoi bon ?
Sinon à quoi ça sert de ne rien oublier ?
Sinon à quoi ça sert de tant aimer ?
Sinon à quoi ça sert d'être sans cesse déçue sinon pour être récompenser
d'autant de déceptions accumulées depuis tout ce temps ?
Ah mais c'est normal que tu sois déçue ! Tu attends trop, voilà tout !
Sinon à quoi ça sert d'être marquée de tout ?
Sinon à quoi ça sert de se perdre autant ?
Que ma fatigue, mon énergie ne soient vaines.
A chacun de mes vides, à chacune de mes éraflures accumulées,
mon cœur à la hâte va chercher ces sens qu'il ne trouve pas encore mais dont il se borde pourtant,
patientant plus ou moins sagement, pour ne pas craquer.
L'épuisement au cœur.
L'épuisement n'est plus très loin.
Y'a plus qu'à se servir, les morceaux sont devant vous.
Armez-vous de patience.
"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi."
Anne Franck (1929-1945)
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