"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)

Danse addictive

Elle a peur de se perdre dans ce tourbillon.
Elle, si changeante, ne sait que trop bien à quoi s’attendre au bout de tout ça.
Cette danse de l’entre deux, elle l’éternelle amoureuse.
Elle n’a pas fini de faire le tour des risques qu’elle prend,
que la malheureuse plonge déjà en lui de tout son souffle, de tout son corps.
Il l’effraie et tout à la fois l’attire bien plus qu’elle ne serait capable de le dire.
Un amoncellement de voiles dans lesquelles elle aime tant s’enchevêtrer.
La rengaine du saxophone lui joue le même sort à chaque fois :
ses notes l’emmènent, la soulève.
Elle n’est plus qu’une marionnette… et à sa guise elle se meut.
Elle a beau s’en repentir, elle en redemande toujours de plus belle.
Elle est sans défense face à cette danse.
C’est là tout son drame : elle craint les mouvements, l’agitation, et ne peut en
même temps résister à ces lumières virevoltantes.
Ce qu’elle redoute le plus c’est l’agitation que cela lui provoque au fond d’elle.
La musique faisant danser le tout, tous ses sens se mettent à tournoyer.
Ça n’a ni queue ni tête.
Elle ne l’ignore pas. Jamais. Il la tient. Elle le sait.
Mais que c’est bon de danser ainsi jusqu’à la déraison.
Tout le reste n’est rien en comparaison.
Se perdre encore. S’enivrer. Se bouleverser. S’émouvoir. Laisser là toute logique
pour s’enamourer de cette danse diabolique.
Plus tard la rhétorique, plus tard la mélancolie, plus tard un sens à tout ça.
Le diable au corps, même pas peur.
Rester dans la danse, restez dans la confidence.
La belle éprise.
La belle est prise.
A chaque rebond, son compte est bon.

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Âme Anonyme

"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi." Anne Franck (1929-1945)
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