"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)
7 Mars 2019
Inexorablement, le souvenir de cette journée allait lui revenir et la tenir en vie avec une force et des envies pour elle qu'elle ne se s'était jamais connue.
Ce fût elle, pour une journée, et elle lui avait bien sûr promis qu'elle serait elle. Sauf que c'est ce qu'elle avait été. Elle avait tenu sa promesse. Elle, sans lui mentir, sans se trahir un peu plus. Sans "mais qu'est-ce que ça peut bien faire après tout?" Il n'a pas touché aux mensonges. Il a touché au vrai.
Au delà des gestes qu'il avait eu, c'était bien plutôt ce qui ne s'était finalement pas passé qui l'avait émerveillée.
"Te voilà, tu es là, en face de moi, et j'ai envie de tout autre chose, je nous vois ailleurs, laisse-moi te kidnapper..."
Ce rapt en elle, bien au delà de ces heures volées ne connaîtrait pas de fin et signait sa liberté. Désormais elle se voulait vraie.
Il savait tout d'elle, elle savait tant et si bien se raconter. Elle en était fatiguée et effrayée que cela ne brise quelque chose d'à peine commencée, mais il l'a dépossédée de tous ses mots. Il lui a donné un autre langage.
Elle est repartie plus vivante.
Il l'a laissée, s'en est retourné à sa vie normale, "c'était fatal", et plus que jamais amoureux, le cœur plein de regrets d'avoir fait le raisonnable et d'avoir tût à quel point en une seule journée elle avait bouleversé toute sa vie.
"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi."
Anne Franck (1929-1945)
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