"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)

Osez Osez Jeune Fille

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Une femme respire à l'intérieur de moi…

 

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Elle a toujours étouffé, eu trop chaud partout, s'est toujours censurée, me laissant parfois à peine respirer. Moi je ne me retiens pas, je me lâche. Tout est désir, à tout allure. Tout est amour, même contrarié, pour le plus beau des chamboulements. J'aspire tout et tout m'aspire. Je sais qui je suis, j'ai pleine conscience de ce que j'aime ou de ce que je hais, partout, tout le temps. Je suis inarrêtable. Je suis impossible. D'ailleurs quand elle en parle et qu'on la voit, personne ne la croit, c'est impossible. Voilà ma lourde demeure. Moi je cours après eux. Je vais les chercher. Audacieuse, je n'ai pas peur. Elle à chaque coin de rue a peur de ce qui peut sortir de moi et déborder d’elle. Assoiffée je bois leurs paroles à tous. Je sais quoi leur dire, je sais ce qu'ils ont envie d'entendre et ce qui est à proscrire. Je peux tout changer en moi pour eux, et d'ailleurs je le fais, je ne me gêne pas. Enfin si. Elle, elle me gêne. A ne plus savoir vraiment qui elle est, à qui d’elle se fier, mais à continuer de porter ce qu'elle hait, quoi qu’il lui en coûte. Elle est toujours là. Elle bouge pas, elle change pas. Elle dit qu'elle va changer, que c'est bon, ça y'est, que c'est décidé. Mais rien. Alors j'ai pas le choix, c'est moi qui suis obligée de tout faire. Elle ne me laisse pas le choix de prendre les commandes. Si j'attends après elle, qu'elle se bouge, je peux attendre longtemps. Je ne vais pas rester comme ça sans rien faire, ça c'est son truc à elle, moi je ne suis pas comme ça. Moi je la sauve d’elle-même. J'ai bien appris en vérité. Elle se languit dès qu'ils s'en vont, dès qu'ils la quittent, moi je réfléchis aussitôt à comment elle devra se comporter dès qu'ils se montreront à nouveau. Elle n’en peut plus qu’ils s’éloigne comme ça à chaque fois. Encore, encore, abreuvez-là, elle en boira trop, elle n'en fera pas ce qu'il faut, moi j'en récolterai le nectar. Je n'oublie personne. Certains prennent plus de place que d'autres, ils s'attardent sur elle, sa grosse armure, son épaisse carcasse incassable. Elle a besoin d'être sollicitée, d'être aimée, regardée. Moi je m'occupe de calculer pour qu'on la regarde, pour les épater, les attirer, les sidérer, pour qu’ils se souviennent. Je ne suis pas ce qu'elle montre, je ne suis pas ce qu'elle traîne partout et qui ne se sépare jamais d'elle et qui fait son calvaire. Regardez-moi moi, avec elle vous allez mourir d'ennui, et pleurer, toujours pleurer.

J'aime comme je me tais.

Avec moi on ne pleure pas, on rit sans cesse, à bout de souffle tout est extase, suspens. Moi je patiente, tapie dans l'ombre, si patiente, une telle patience, illimitée. J'aime inlassablement, à l'extrême, déraisonnablement. Je suis prête à tout. Je déborde, c'est le labeur en silence de toujours. Je suis romanesque, fantasque. Mais je ne joue pas, c'est très sérieux. Je fais avec les arguments que j'ai, avec le corps que j'habite, et ma foi je fais de mieux en mieux, chaque jour je fais d'elle une bien meilleure amoureuse, c'est ma bouée de secours. Concentrez-vous plutôt sur ce qu'elle ne vous dit pas, si vous saviez tout ce qu'elle tait : je suis là, à l'œuvre, infatigable, malgré elle, à aimer.

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Âme Anonyme

"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi." Anne Franck (1929-1945)
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