"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" (Stig DAGERMAN)
20 Mars 2022
Mes heures assassines passées sont ma force aujourd’hui, en se rappelant à moi à chaque souffle, chaque pas. En contre partie, j’aime ces heures de solitudes, elles n’ont pas de prix.
Ma solitude n’est pas une punition, elle n’est pas subie, je la choisie, je la convoque, je la provoque, c’est un besoin physiologique immense pour moi, un de mes moments de grand enthousiasme où je peux flâner, perdre du temps, c’est une chose luxueuse pour moi…
Les réseaux sociaux qui nous rendent asociaux… que je fuis absolument... Les écrans que l’on se créé à foison, qui font écran à notre humanité, qui nous rendent si pauvres en mots, et derrière lesquels on en perd toute identité et toute authenticité… J’en ai perdu mon logis.. mon ciel… Quel logiciel pour récupérer tout ça ? Aucune logique dans tout ça, que celle de s'abîmer un peu plus, pour tordre le cou à ceux qui nous l'on tordu les premiers... Ils ont eu tort : je suis plus forte que je ne l'avais soupçonné.
Je rêve d’aspérité…
de choses vraies…
d’authenticité…
de confiance, en vérité…
pas mentie,
pas trichée,
pas simulée…
pas "semblant qu'c'est pas exprès".
Je suis riche de mes ratés, de mes loupés… de mes échecs, de mes tentatives sans cesse renouvelées… Des regards que l'on a pu poser sur moi lorsqu'à répétition j'ai échoué, lorsque de mon lit je ne parvenais pas à sortir, lorsqu'entre mes quatre murs je me terrais volontiers.
J’ai longtemps perdu le mode d’emploi de mon existence, j’essaie de me le réapproprier petit à petit… Je me créé mon mode d’emploi, il rescelle de mes forces mais aussi de mes fragilités jamais enterrées, toujours conscientisées, à proximité de tout ce dont mon quotidien peut-être fait. C’est cela ma richesse, c’est cela ma force. Trébucher, encore, et recommencer plus fort, et revenir meilleure. Et le mode d'emploi pour apprendre les humains ?
Je suis riche de toutes celles et ceux dont je sais aujourd’hui désormais me passer : lui… elle… eux… que j’ai appris un jour plus ou moins laborieusement à laisser sur le bord du chemin et dont mon quotidien s’est défait, peu à peu.... même si mon esprit s'aventure parfois à vouloir me faire retourner vers cette voie sans issue...
Je suis riche de mes passions, de mon exaltation, de mes envolées, de ma sincérité… Je suis riche de ces moments où je sens bien que j’en fais un peu trop, que j’en dis un peu, que tiens, là, ce n’est pas forcément tout à fait nécessaire, que si cela je ne le fais pas, c’est pas bien grave, je ne suis pas attendue… Mais je m’attends moi, à chaque coin de rue, je suis impardonnable avec moi, intransigeante. Je ne me fais pas de cadeau. Ou si peux souvent. Ou alors sitôt démesuré. Basculé. Pour ce souffle tout à coup que je ressens, que je n’ai pas vu venir, dont je veux me saisir, pleinement, à plein poumon, et qui me déséquilibre et c’est pourquoi je donne tout, ça me coupe le souffle, à bout de souffle et dans la crainte d’être à nouveau limitée.
Je me sens pauvre, vide, dès lors que je me sens empêchée, entravée… par mes émotions qui ne tournent pas rond et me font un peu trop m’approcher du pont…
Je suis riche de mes faiblesses, elles sont ma force.
Je les sais là, présentes en moi et infatigables.
Je ne les ignore jamais.
Mon or c’est mes mots, pour ne plus taire les maux-dits.
Je suis riche de ce qui à mes yeux a de la valeur n’a pas de prix…
De ce qui est fait de détail, bien discret, de ce que l’on ne nomme pas, de peur que le trésor ne s’étiole.
Pourtant, il est là, bien là. Je m’éclabousse de lui. Je me dis "c’est permis".
Désormais, colmater la fragilité.
"Je suis sentimentale - je le sais. Je suis désespérée et déraisonnable - je le sais aussi. Oh, aide-moi."
Anne Franck (1929-1945)
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